The Increasingly Bad State of Disneyland Paris : A Neverending Story

Nous vous proposons un article d'un visiteur tenant un blog qui expose sa vision de Disneyland Paris lors de sa visite sur site.

Sa vision est pessimiste mais malheureusement cette vision n'est pas un cas isolé.
Faire fonctionner une entreprise de 14000 personnes n'est pas chose aisée et rester "au TOP" est difficile.
Alors posons nous les bonnes questions, prenons-en de la graine et essayons toujours de tirer vers le haut.

En tant que syndicat, s'il y a bien une chose que nous ne souhaitons pas c'est le chômage... Il y a des êtres humains qui oeuvrent dur pour faire tourner cette 1ere destination touristique.

Bonne lecture, faites-vous votre opinion et retrouvez l'intégralité de cet article sur ce site :


Si vous vous êtes déjà baladé dans différents resorts Disney dans le monde, ou si vous vous êtes déjà aventuré dans la communauté de fans de ces destinations sur Internet, vous n’êtes pas sans savoir que Disneyland Paris se trouve depuis longtemps loin derrière ses homologues américains et asiatiques qualitativement parlant. Je ne parle pas ici du design des parcs – nous avons à Paris le plus magnifique, le plus riche et le plus élaboré des Magic Kingdom. Non, je veux parler du niveau général de maintenance et de qualité de l’expérience.
La semaine dernière, j’ai passé quelques jours à Disneyland Paris. A l’aube de la haute saison, habituellement propice à un resort au sommet de sa forme, l’état des parcs n’a jamais été aussi préoccupant. Voici une petite liste qui résume assez bien la ‘situation (au sens anglais du terme):

Captain EO : désormais fermé
Indiana Jones : fermé pour cause de réhabilitation – ça arrive
Show de Tarzan : annulé cette année
Parade nocturne Fantillusion : annulée cette année
Show du Roi Lion : annulé depuis 2010
Théâtre du Château : désespérément vide depuis des années

En parallèle à cela, les pannes, déjà récurrentes en temps normal, n’ont jamais été aussi nombreuses. Sur trois jours, Big Thunder Mountain est tombé en panne quotidiennement dont une demi journée entière ; Space Mountain une soirée entière de 19h à la fermeture (23h) et idem sur Pirates des Caraïbes.
On pourrait même allonger la liste avec les attractions dont DLP a drastiquement réduit la capacité au fil du temps, comme Thunder Mesa Riverboat Landing (ouvert de 11 à 18h avec un seul bateau sur deux depuis des années) ou les coasters dont on a retiré un train du service. A force de fermer attractions, spectacles et restaurants, et d’en réduire la capacité petit à petit, une journée à DLP s’apparente désormais à une succession d’aller-retours entre ce qui est ouvert et fermé et les parcs sont de plus en plus fréquemment congestionnés. Alors que la fréquentation annuelle bat des records d’année en année – 16 millions de visiteurs en 2012.
Pour la première fois, aucun show sur scène n’est présenté à Disneyland Paris.
Autre problème : une écrasante majorité de restaurants ferment en début de soirée alors que le parc reste ouvert jusqu’à 23h, ce qui inonde de visiteurs les rares restos encore ouverts jusqu’à la fermeture et rend presque impossible la réservation d’une table pour le soir passé 13h. Il faudra se rabattre sur les fast-foods dégueulasses. L’angoisse. Mais ce n’est pas tout. Passé 19h, les visiteurs ayant passé la journée aux WDS (ils ont du mérite) prennent d’assaut le parc Disneyland, ce qui n’arrange rien. Le problème des restaurants fermés en soirée est connu de la direction du parc depuis plus d’un an. Si des ajustements ont été opérés, dans les faits ils sont à peine perceptibles.

On a déjà entendu beaucoup de mal – entièrement justifié – au sujet de l’offre fast-food chère et bas-de-gamme de Disneyland Paris (mangé deux fois au Hakuna Matata, malade deux fois, bonne moyenne, qui dit mieux?) Nous avons donc décidé de tester un service à table ayant bonne presse: le Blue Lagoon. Mystérieusement, en pleine heure de pointe, nos assiettes nous ont été servies en moins de 5 minutes. Un délai bien trop court pour que nos différents plats aient eu le temps d’être préparés au moment de la commande comme cela se fait normalement dans un restaurant à la carte. Ce n’est que pure spéculation de ma part mais je mettrais ma main à couper que les aliments sont cuisinés en masse à l’avance et servis à la demande, soit comme dans un restaurant type buffet à volonté (Plaza Gardens, Agrabah Café) à la différence près qu’on vous sert et que vous ne pouvez pas vous resservir. Naturellement cela se goûte: la viande est sèche lorsqu’elle arrive à table. Les choses ne se passent guère mieux au dessert, où le moelleux au chocolat à 12€ est visiblement, clairement, obviousment un surgelé industriel passé au four (3.50€ les deux chez Picard, ouch). Au delà de la déception personnelle à table, il y a de quoi se demander quelle est la définition d’un service premium à Disneyland Paris. Comment espèrent-ils fidéliser une clientèle aisée, disposée à payer des prestations plus chères en lui proposant une offre d’aussi piètre qualité? Les restaurants affichant de toutes façons tous complet, la question ne se pose-t-elle pas? Pas sûr, car si jouer ce jeu est une politique rentable à court-terme, elle crée en outre une très mauvaise réputation sur le long terme. Disneyland Paris a-t-il vraiment besoin de se mettre à dos sa clientèle la plus aisée?

Au niveau de la maintenance, le jeu du chat et de la souris continue à DLP où les réhabilitations annuelles ou de grande envergure s’enchainent dans le parc Disneyland et les hôtels: tel un mouvement perpétuel, quand quelque chose sort de rénovation, quelque chose d’autre tombe en ruine. Littéralement, comme les rochers d’Adventureland et Discoveryland. C’est ce qui arrive quand on néglige l’entretien pendant 20 ans.
Quant aux réhabilitations annuelles des attractions, si elles apportent effectivement leur lot de révisions bien méritées, pourquoi un effet qui tombe en rade en janvier doit-il attendre la réhabilitation annuelle de septembre avant d’être réparé? Le gravement négligé Phantom Manor semble attendre son tour. Plus frustrant encore, pourquoi une attraction qui sort de plusieurs semaines de réhabilitation annuelle rouvre ses portes avec tant d’effets hors service? (récemment Pirates des Caraibes, Big Thunder Mountain) Je ne cherche pas à blâmer les équipes qui font le travail mais bien les budgets entretien clairement insuffisants pour maintenir les parcs dans un état présentable. Car je ne peux pas croire que la maintenance calamiteuse de Disneyland Paris soit ‘juste’ un problème de fainéantise ou de mauvaise volonté.


Pourtant il y a bel et bien un effort pour remettre les installations vieillissantes de DLP à niveau. Des réhabilitations profondes se succèdent depuis près de trois ans, principalement au niveau des décors extérieurs et hôtels, déclassés et en piteux état. Il n’empêche : le bad show et les coupures budgétaires sont visibles partout. Les exemples évoqués ci-dessus (fermetures d’attractions, restaurants, spectacles et même magasins) sont particulièrement flagrants et problématiques du point de vue de l’expérience visiteur. L’appauvrissement de l’offre entertainement atteint même un seuil critique cette année puisque Disneyland Paris ne propose plus aucun spectacle sur scène cet été, une première dans l’histoire de DLP et probablement de tous les parcs Disney.

Combien de temps va-t-il encore se passer avant que les responsables fassent leur boulot et résolvent le problème DLP? Combien de pannes, d’attractions fermées, d’expériences dégradées, de visiteurs mécontents ? Ce que je ne comprends pas, c’est qu’après toutes ces années de galère, The Walt Disney Company (propriétaire d’EuroDisney à 40%) ne soit toujours pas intervenue pour modifier en profondeur le montage financier d’EuroDisney. Un montage financier créé par TWDC et basé sur des prévisions erronément optimistes qui n’a jamais permis à DLP de devenir une entreprise prospère. C’est l’erreur de TWDC, c’est à TWDC de la corriger. Après tout, pour des millions de gens Disneyland Paris est la vitrine des activités de The Walt Disney Company en Europe et on dirait que ça ne les dérange pas le moins du monde que leur image de marque soit souillée depuis 21 ans par une expérience visiteur en décrépitude constante et néanmoins surtarifée auprès des 740 millions de citoyens du Vieux Continent. Les européens seraient-ils des consommateurs de seconde zone aux yeux de TWDC? Des consommateurs qui auraient le droit de payer le prix plein, mais pas de bénéficier du standard de qualité pratiqué dans toutes les autres destinations Disney?

On sait que Disneyland Paris a récemment intégré le pole Walt Disney Parks and Resorts Operations, United States and France et il se dit que des managers venus des parcs US rejoignent les bureaux de Marne-la-Vallée depuis quelques mois. De plus, en septembre dernier The Walt Disney Company a fait un pas en avant en accordant une ligne de crédit permettant à EuroDisney de rembourser ses dettes aux banques qui bloquaient tout nouvel investissement (l’attraction Ratatouille en tête). C’est maintenant à TWDC qu’EuroDisney doit rembourser sa dette abyssale, tout en continuant de payer des royalties démesurées ainsi que les attractions surfacturées de Walt Disney Imagineering, une filiale de TWDC qui pratique les prix (exorbitants) qu’elle veut puisqu’elle est la seule entreprise à qui les parcs Disney ont le droit d’acheter des attractions ou toute autre installation. Vous avez dit vache à lait?

Cela dit, il y a peut-être une lueur d’espoir. Le mandat de Bob Iger, PDG de TWDC vient d’être prolongé d’un an, soit jusqu’à 2016. A bien y regarder, il semble que les plus gros défis qui attendaient Iger ont été résolus:
- Le rachat de Pixar (7.4 milliards de $) ;
- Le redressement de Disney Animation Studio ;
- La grande refonte Disney’s California Adventure (1.3 milliards de $) ;
- L’agrandissement de Hong Kong Disneyland (460 millions de $) ;
- La mise en route de Shanghai Disneyland ;
- Le rachat de Marvel (4 milliards de $) et Lucas Films (4.5 milliards de $) qui amène dans le giron Disney des marques particulièrement fortes et lucratives sur la cible des jeunes garçons, un segment qui faisait défaut à TWDC depuis longtemps alors que les Princesses remplissent les caisses de Disney depuis des lustres.

Si j’ai pris soin de préciser les montants de certaines opérations – dont plusieurs, comme DCA ou HKDL relèvent d’une opération de sauvetage de parc – c’est pour bien les comparer avec la dette de Disneyland Paris : 2.3 milliards de $. Immédiatement, ce montant pharaonique paraît bien ridicule, presque insignifiant. Remettre Disneyland Paris sur pieds pour de bon ne serait donc qu’une question de volonté ?

En effet, à quoi Bob Iger va-t-il bien pouvoir occuper ses journées d’ici 2016? Probablement au suivi de Shanghai Disneyland et à une remise à niveau de Walt Disney World qui passera par Disney Springs, Avatarland et Star Wars Land (rumeur persistante). Mis à part cela, bien que The Walt Disney Company ne soit qu’actionnaire minoritaire d’EuroDisney, cette filiale reste pour ainsi dire la seule ombre au tableau de TWDC sous le règne de Bob Iger. Le problème, c’est qu’aux yeux des actionnaires de TWDC, racheter EuroDisney reviendrait à dépenser pour une poignée de milliards une société en piteux état et n’ayant quasiment jamais rapporté d’argent – ce en raison donc du montage bancal créé par The Walt Disney Company elle-même et qui ne permet pas à EuroDisney d’être en bonne santé financière, vous suivez toujours? Cependant, le timing pourrait peut-être jouer en notre faveur: en rachetant EuroDisney en fin de mandat, Bob Iger ne prendrait qu’un risque très modéré auprès de ses actionnaires puisqu’il est de toutes façons sur le départ. En plus de clôturer son mandat sur un gros coup, cela permettrait à EuroDisney d’enfin sortir la tête de l’eau et à The Walt Disney Company de concrétiser tous ses rêves de synergie dans son flagship européen. Un win-win en somme. Cette rumeur de rachat d’EuroDisney par la maison mère relayée par TIME n’était peut-être pas erronée qui sait. Et si elle avait simplement eu beaucoup d’avance?

Dans tous les cas, il est plus que jamais temps pour Disneyland Paris et The Walt Disney Company de régler leurs problèmes, d’arrêter de faire l’autruche et de cesser de prendre les consommateurs européens pour des cons depuis 20 ans. Alors messieurs Bob Iger, Tom Staggs, Philippe Gas et les autres, je vous le demande poliment mais fermement : prenez enfin vos responsabilités et REGLEZ-MOI-CE-BORDEL !

Note: les cas évoqués et illustrés ne représentent pas l’intégralité des problèmes de manque d’entretien de Disneyland Paris. En dresser une liste complète serait bien plus long et n’est pas le but de cet article.
N’hésitez pas à partager votre opinion et à partager cet article. Quoi sait, peut-être que les dieux de Marne-la-Souris entendront notre appel à l’aide…

En attendant, une pétition a été lançée pour faire entendre notre mécontentement auprès The Walt Disney Company.

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