Le taux de chômage atteindrait 11,1 % de la population active en 2013

Dans sa note de conjoncture publiée le 20 juin 2013, l’Insee anticipe une activité qui resterait « terne » d’ici à la fin de l’année.
La situation sur le marché du travail continuerait de se détériorer en 2013, des pertes importantes d’emplois marchands étant attendues sur la seconde partie de l’année dans l’Hexagone (38 000 postes au premier semestre, puis 76 000 au second), prévient l’Insee, dans sa note de conjoncture publiée le 20 juin.


Léger redressement de l’activité dans la zone euro
D’ici à la fin 2013, le dynamisme des économies émergentes se poursuivrait sur un rythme comparable à celui du début d’année. Dans les économies avancées, les trajectoires d’activité resteraient nettement contrastées. Aux États-Unis, l’activité continuerait de progresser à un rythme comparable à celui observé depuis plus de deux ans (+ 0,4 % au 2e trimestre 2013, puis + 0,5 % par trimestre au second semestre 2013). L’économie japonaise enregistrerait, de son côté, un élan encore plus important tout au long de l’année (+ 0,6 % par trimestre). Dans la
zone euro, en revanche, l’évolution de l’activité serait plus timide. Après six trimestres consécutifs du recul du PIB (- 0,2 % au premier trimestre 2013 après - 0,6 % au quatrième trimestre 2012), les enquêtes de conjoncture laissent entrevoir un
léger rebond, porté par le dynamisme des exportations du fait de la demande hors zone euro et de la reprise des échanges dans la zone euro. L’activité cesserait ainsi de se contracter au second trimestre (+ 0,1 %) et progresserait à un rythme modeste au second semestre (+ 0,1 % au troisième trimestre et + 0,2 % au quatrième).

Pas de véritable reprise en France à l’horizon 2013
Malgré ces perspectives plus favorables, l’activité en France resterait « terne » d’ici fin 2013. La France bénéficierait néanmoins d’un léger redressement de son commerce extérieur, et sa contribution à la croissance serait légèrement positive au premier semestre. En revanche, la demande intérieure baisserait légèrement. Ainsi,la croissance progresserait de 0,2 % au second trimestre, mais ce léger rebond, précise l’Insee, n’augurerait toutefois pas une franche reprise de l’activité d’ici la fin 2013, mais la fin de l’épisode récessif du tournant de l’année 2013 se confirmerait néanmoins. L’activité serait ainsi stable au troisième trimestre 2013 puis progresserait de seulement 0,1 % au trimestre suivant. Sur l’ensemble de l’année 2013, revanche, l’activité reculerait de 0,1 %. L’investissement des entreprises continuerait de baisser (- 2,4 % en 2013 contre - 1,9 % en 2012). La consommation des ménages quant à elle se replierait légèrement en 2013 (- 0,1 %, après - 0,4 % en 2012).

Le chômage va continuer d’augmenter
Avec la faiblesse de l’activité et la recherche par les entreprises de gains de productivité, la situation sur le marché du travail continuerait de se détériorer. Le recul de l’emploi total (- 32 000 postes) résulterait de celui particulièrement marqué de l’
emploi marchand. En effet, d’ici décembre 2013, 114 000 postes dans le secteur marchand seraient supprimés, même si les premiers effets du crédit d’impôt pour l’emploi et la compétitivité (CICE) modéraient quelque peu cette baisse (15 000 emplois inscrits pour le premier semestre et 17 000 supplémentaires au deuxième semestre 2013). En revanche dans les secteurs non marchands, l’emploi augmenterait notablement en 2013 (+ 85 000 postes, après + 19 000 en 2012), grâce à la montée en puissance des
contrats aidés (notamment des emplois d’avenir). 403 000 entrées dans ces dispositifs ont ainsi été prévues dans la loi de finances pour 2013, dont 92 000 au titre des emplois d’avenir. Sur l’année, le nombre de bénéficiaires de contrats aidés dans le secteur non marchand augmenterait de 126 000, estime l’Insee.
Conséquence directe du recul de l’emploi total, le taux de chômage poursuivrait sa progression jusqu’à la fin 2013 pour atteindre 11,1 % dans la France entière et 10,7 % en France métropolitaine.

Stabilisation du pouvoir d’achat
Le niveau élevé du chômage et la faiblesse des capacités productives continueraient de limiter les pressions inflationnistes. De plus, les prix énergétiques progressant peu, l’inflation d’ensemble s’établirait à 0,8 % en décembre 2013. La baisse de l’inflation par rapport à 2012 ainsi que la dégradation du marché du travail se transmettrait progressivement à l’évolution des salaires. De plus, l’évolution du salaire mensuel de base (SMB) serait freinée par la faible revalorisation du smic début 2013. Le SMB ralentirait ainsi en 2013 : + 1,7 % après + 2,1 % en 2012. Dans la Fonction publique, le SMPT nominal des administrations publiques ralentirait légèrement, de 1,3 % en 2013 après + 2,0 % en 2012. Le point d’indice est toujours gelé, mais le dispositif de garantie individuelle du pouvoir d’achat (Gipa) 2012 est reconduit en 2013 selon les mêmes modalités qu’en 2013.
Malgré le nouveau ralentissement des revenus d’activité, le recul du pouvoir d’achat s’interromprait en 2013. Le pouvoir d’achat se redresserait légèrement (+ 0,2 %) après avoir chuté en 2012 (- 0,9 %). Ce rebond serait la conséquence du recul de l’inflation mais également de la
moindre vigueur des prélèvements obligatoires. En effet, sur l’ensemble de 2013, les mesures nouvelles de hausse de prélèvements obligatoires seraient d’un montant comparable à celles de 2012, mais avec la dégradation des revenus d’activité en 2012, le dynamisme spontané des prélèvements obligatoires serait plus faible en 2013. En particulier, les recettes de l’impôt sur le revenu ralentiraient sur l’ensemble de l’année (+ 6,0 % après + 10,2 %).

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